Blason des CADILHAC à MUR de BARREZ........ [ Aveyron 12 600]

Publié le par Antonins

Dans la grand ruMaisonmur.gife de Mur de Barrez, se trouve une hôtel renaissance à deux étages. Sa façade est  très ouvragée : Large porte, fenêtres à meneaux, bustes et têtes sculptées et niche à colonnes contenant un blason armorié. Ce blason est encadré par deux angelots dont les pieds reposent sur des têtes de mort. Cette façade a été classée à l'inventaire des monument historique le 29 mars 1929.

De tout temps, cette maison était appelée "maison Cadilhac" (J. Delmas : Le canton de Mur de Barrez). Il y a quelques années, elle a été débaptisée et nommée "maison Bartholomé ou Barthelémy" . Elle aurait, en effet, été rachetée aux Cadilhac par leur collègue de ce nom qui y firent apposer leurs armes. Ce blason serait donc celui des Barthélémy. Cette assertion parait à tout le moins aventureuse. Les Barthélemy sont une famille de robe bien connue à Mur. Ils y exerçaient diverses magistratures comme les Cadilhac et, comme eux s'installèrent plus tard à Toulouse. L'un d'eux, Jean de Barthélemy, prêtre, président de la première chambre des enquêtes au Parlement de Toulouse fonda, en 1555, à Mur, la Maison-Dieu qui devint par la suite hôpital St Jacques. Or les armoiries de toute cette famille Barthélemy, sire de Grammont sont "d'azur à trois bandes d'or" (Bamon : Documents historiques et généalogiques d'une famille du Rouergue; 1860; pp 61-63 et Louis-Pierre d'Hozier : Armorial général de France; Généralité de Toulouse)
    Il semble donc bien que le blason original figurant un lévrier soit celui des Cadilhac qui demeura sur la maison après sa possible cession aux Barthélemy.



ECUCHIEN.gif
Blason des Cadilhac sur la façade de leur maison. Ces armoiries ont été reprises par les Cadilhac d'Italie et figurent sur leur tombeau romain.

"d'argent au lévrier de sable passant colleté de gueule avec bords d'or, au collier défait et pendant, au chef d'azur chargé d'un tau (T) d'or, accompagné au canton dextre d'une étoile d'or à cinq pointes et au canton senestre d'une roue d'or à quatre rayons"
    Le lévrier signifie la fidélité mais son collier est défait et pend à son cou, montrant que l'animal, bien qu'ayant un maître, est libre. La devise est : feal non ligat. Les petits meubles semblent avoir été rajoutés plus ta
rd : le tau, attribut du dieu Taran, le Zeus celtique, signifie le tonnerre, le marteau et la force(psa); l'étoile à cinq branches rappelle l'ambition conforme à l'idéal de la chevalerie; la roue est celle de la justice.



L'aîné, Adhémar, naît à Mur de Barrez aux environs de 1420. Notaire, héritier et continuateur de l'office paternel, il épouse noble dame Agnès de Mayrinhac, richement dotée. Tout au long de sa vie, il accroît son patrimoine qui devient considérable : Il a des domaines, fermes, maisons, non seulement à Mur mais aussi dans les environs (Yéguettes, Caylus, Senholac, La Croix Barrez, Murols) et jusqu'au diocèse de St Flour (Ronsac, Muret). C'est un des feudataires* les plus importants du pays. A l'occasion, il est "preux homme de guerre" à la tête de ses vassaux et de la noblesse régionale, ce qui lui vaut  d'être nommé en 1482 chevalier et Bailly, soit la plus haute fonction de la vicomté. Il fut aussi investi d'une commanderie de l'Ordre Hospitalier de St Antoine. Il meurt à Mur aux alentours de 1490. On lui connaît deux fils : Pierre, l'aîné, feudataire du Carladès, succédera à son père et sera, en 1523, Juge et Garde Scel ; le second, Jean, bachelier en droit civil et canonique à Toulouse épousera Antoinette de St Germain. C'est l'ancêtre de la branche toulousaine de la famille.

http://jecadi.free.fr/a_mur_de_barrez.htm


* pour moi uniquement ! 

           Feudataire : personne qui possédait un fief et qui devait foi et hommage au seigneur suzerain.
  • S’il était peu maître dans son duché, le roi l’était encore moins dans le reste de la France. Il n’y exerçait qu’un pouvoir purement nominal, toute son action y dépendait des grands feudataires de la couronne, dont chacun, pris isolément, était plus puissant que lui. Il était difficile, voire impossible, pour le roi de France, de rivaliser, même à un contre un, contre les ducs de Normandie, d’Aquitaine, de Bourgogne, les comtes de Flandre, de Champagne, de Toulouse.
  • Or, le roi de France ne pouvait ni lever une armée, ni lever de nouveaux impôts, ni rendre la justice, hors de ses domaines, sans le consentement de ces grands feudataires.
  • La seule armée qui lui appartenait était celle qu’il levait sur ses terres, les seuls revenus sur lesquels il pouvait compter étaient ceux de ses terres. Partout ailleurs, le roi était subordonné au bon vouloir des grands seigneurs.




Publié dans articles

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article