Au bord du précipice..... : visions d’athéisme à Londres !!!

Publié le par Antonins

Francis Bacon, Crucifixion – 3 (1962)    © WebMuseum

       Au bord du précipice : visions d’athéisme à Londres      par Tina Beattie             www.opendemocracy.net

                                   « Il s’agit simplement de marcher au bord du précipice. »
Francis Bacon



Une campagne publicitaire visant à diffuser un message athée, apposée sur une soixantaine de bus rouges londoniens, à partir de janvier 2009, laisse entendre que, s’il existe une divinité, elle a un sens plutôt mauvais de l’humour. Sur cette publicité, qui est soutenue par des donateurs tels que la British Humanist Association et Richard Dawkins, on peut lire : « Il n’existe probablement pas de Dieu. Alors arrêtez de vous inquiéter et profitez de la vie. » L’idée pouvait davantage toucher les cordes sensibles avant les convulsions financières mondiales, où, y compris dans les mentalités populaires, l’on tolérait complaisamment les extravagances d’une économie de consommation alimentée par le crédit sans limites, qu’à une époque où les gens sont très inquiets pour leur simple sécurité monétaire. Après tout, c’est dans de telles périodes que la recherche de foi et de sens transcendant s’épanouissent souvent, tandis que les avantages faciles d’une société dont le seul but est de « jouir » commencent à devenir trompeurs.

Exhiber un monde intérieur

Francis Bacon eut un père catholique autoritaire qui le chassa du foyer familial, lorsqu’il découvrit son fils adolescent porter les vêtements de sa mère. Les vestiges de ce catholicisme refusé jonchent l’art de Bacon, à la façon de tous ces débris délavés par cette « mélancolie, [ce] long hurlement intérieur » de l’océan de foi d’un Matthew Arnold. Parmi les nombreuses sources d’inspiration de Bacon, le retable d’Issenheim de Matthias Grünewald, bien qu’il retourne la vision de Grünewald, forçant notre regard à dépasser son message de rédemption et d’apaisement, à nous confronter avec cette chair mutilée que nous sommes : des bêtes sauvages et rendues sauvages dans un monde sans Dieu.

Grünewald concevait la représentation du supplice du Christ crucifié comme un symbole d’espoir pour les patients moribonds qui s’agenouillaient devant lui, dans la chapelle de l’hôpital du monastère de Saint-Antoine à Issenheim ; or les corps crucifiés et monstrueux de Bacon ont une intention opposée, celle de détruire le moindre trace de foi en une divinité bienveillante, une humanité rationnelle ou susceptible de rédemption ou en des lendemains meilleurs. Ce que l’artiste expliqua un jour : « Je pense que l’homme réalise maintenant qu’il est un accident, un être totalement futile, qu’il lui faut jouer sa partie sans raison aucune. »

lire l'article :  http://armeniantrends.blogspot.com/2009/07/francis-bacon.html

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