Retable d'Issenheim : polémique autour d'une restauration

Publié le par Antonins

L'Agression de Saint-Antoine (détail) est l'un des sept panneaux peints par Mathias Grünewald au début du XVIe siècle qui ornaient le maître-autel du couvent d'Issenheim.© Hervé Kielwasser / Maxppp

 

 issenheim-grunewald-restauration-polemique-364616-jpg 23596

Le nettoyage du chef-d'oeuvre de Grünewald, entamé en juillet, a été interrompu à la demande du ministère de la Culture.

L'embarras est manifeste. Le sentiment d'un vaste cafouillage, tenace. Après une semaine de polémique, la restauration du célébrissime retable d'Issenheim est suspendue, mais les inquiétudes qu'elle soulève, elles, perdurent. Didier Rykner, rédacteur en chef de La Tribune de l'art, les a le premier rendu publiques dans un article daté du 26 juillet qui mettait en cause l'opportunité et la conduite de l'opération. Il y énumérait plusieurs réserves : l'absence, dans le comité scientifique, de restaurateurs ayant déjà eu à travailler sur l'oeuvre de Grünewald ; la rapidité avec laquelle avait été menée la première étape du travail (six jours pour le nettoyage superficiel du panneau de l'Agression de Saint-Antoine) ; le choix de deux restauratrices, certes compétentes mais sans mise en concurrence préalable ; le risque présenté par un déménagement du retable après sa restauration - inévitable, puisqu'il doit rejoindre en 2013 la future extension du musée.

 

La conclusion de Didier Rykner, abondamment étayée : "La restauration en cours est peut-être correctement faite, mais il est possible aussi qu'elle soit une menace pour le retable. Rien actuellement ne permet d'affirmer l'un ou l'autre. Et cette seule incertitude est une anomalie." "C'est totalement aberrant et dangereux", commente à sa suite un historien de l'art spécialiste de Grünewald, selon qui l'annonce de la restauration, en avril, avait déjà "soulevé quelques interrogations dans le milieu". "Nous ne pouvions imaginer qu'une opération d'une telle envergure serait entamée sans que le comité scientifique n'ait eu le temps de se concerter véritablement", souligne-t-il. Le collège de spécialistes ne s'est en effet réuni pour la première fois que le 5 juillet. Deux jours plus tard, les restauratrices Carole Juillet et Florence Meyerfeld entamaient l'amincissement des vernis sur l'Agression. "Tout cela a été trop rapide", souligne le Centre de recherche et de restauration des musées de France (C2RMF), qui a fait interrompre l'opération il y a quelques jours. On ne pensait pas, en avril, que ce travail serait mené de cette façon".

Par Marion Cocquet             

 lire la suite de l'article

 http://www.lepoint.fr/culture/retable-d-issenheim-polemique-autour-d-une-restauration-01-08-2011-1358637_3.php

 

Publié dans articles

Commenter cet article