Unterlinden L’extension confiée aux architectes suisses Herzog et De Meuron

Publié le par Antonins

Unterlinden

L’extension confiée aux architectes suisses Herzog et De Meuron


La Ville de Colmar veut doubler la fréquentation de son musée-phare dont l’extension coûtera 24 millions d’euros.

Il a fallu ensuite choisir l’architecte chargé du projet. Au final, il restait quatre candidats, parmi lesquels Philippon (qui a signé le musée de Roubaix « La piscine »), Moatti et Rivière ainsi que Ricciotti. Jacques Herzog et Pierre De Meuron, associés au cabinet mulhousien DeA architectes de Guillaume Delemazure, ont remporté la partie. Et haut la main, puisque le jury les a choisis à 14 voix sur 16 votants.

Le projet présenté dépassait de 6 millions le budget initialement prévu, à savoir 21 millions d’euros. Le maire a souhaité que chacun se partage la surcharge : les architectes doivent réduire leur enveloppe de 3 millions et la Ville trouver 3 millions supplémentaires. Pierre De Meuron, présent à Colmar hier, a expliqué la démarche du cabinet. « Ce musée est exceptionnel, mais Colmar est une petite ville. Il fallait trouver la bonne mélodie, la bonne hauteur pour proposer quelque chose de pas banal, de pas provincial, de pas exubérant… On a opté pour une architecture traditionnelle avec une interprétation contemporaine ».

C’est officiel depuis hier : comme nous l’avions déjà annoncé, la Ville de Colmar a retenu le cabinet d’architectes bâlois Herzog et De Meuron pour l’extension du musée d’Unterlinden. Ce projet, le plus important sans doute pour la ville, est porté depuis le début par le maire de Colmar qui a même passé outre les résistances des principaux intéressés, à savoir la société Schongauer.

 

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L’idée était d’utiliser les bains municipaux situés à côté du musée et fermés depuis quelque temps pour donner plus d’espace à Unterlinden qui souffre de l’exiguïté de ses actuels locaux et ainsi, lui permettre d’accéder à un rayonnement plus important.

 

 

L’extension porte sur 7 900 m 2. Comme le souligne le maire gestionnaire Gilbert Meyer : « Le développement économique des villes passe aujourd’hui par les investissements culturels ». C’est dire que la municipalité attend un retour sur investissements par le doublement de la fréquentation du musée et par une forte augmentation de l’activité touristique.

14 voix contre 2

« Ni banal, ni exubérant »

Il sera peu touché au musée existant, qui n’en avait pas besoin, selon l’architecte. Ce site sera relié aux bains par une liaison souterraine. À l’est des bains sera créé un nouveau bâtiment en briques, « un matériau minéral déjà présent dans le quartier ». L’apport de lumière se fera par des fentes toutes en longueur, « un peu comme dans la chapelle » où est présenté le retable d’Issenheim. Les Suisses créent aussi un petit pavillon, également en brique, qui doit servir de seconde entrée, de billetterie et d’accueil. Ils ont suivi le vœu du maire de mettre au jour un cours d’eau sur la place entre le musée et les bains.

 

 

La nouvelle partie sera consacrée aux œuvres des XIX e au XXI siècle. « On espère que le musée va pouvoir enrichir ses collections », souligne au passage Pierre De Meuron, qui souligne que Colmar va avoir « un joyau » au rayonnement plus que national.

L’aventure ne fait que commencer. Gilbert Meyer annonce une ouverture le 30 septembre 2013. Rendez-vous est pris.

 

Textes : Annick Woehl
Édition du mardi 15 décembre 2009   Journal L'ALSACE


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